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Le Palais de Darius à Suse : conférence de Jean Perrot

jeudi 2 décembre 2010

Le 15 décembre prochain, Jean Perrot donnera une conférence autour de son ouvrage Le Palais de Darius à Suse. A cette occasion, l’archéologue français dédicacera son ouvrage. L’allocution sera suivie d’un cocktail.

Organisée par l’Association d’Etude Mondiale du Zoroastrisme au Centre Culturel Zoroastrien de Paris, la réservation est obligatoire pour la participation à cette conférence.

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Jean Perrot
Directeur de recherche honoraire au CNRS
Correspondant de l’Institut

Directeur de recherche honoraire au CNRS où il est entré en 1946, Jean Perrot, archéologue tourné vers la préhistoire récente du Proche et du Moyen-Orient et les origines de la civilisation orientale, a fouillé de nombreux sites anciens de Palestine, de Turquie et d’Iran, animant la recherche au niveau international. En charge de la Mission archéologique française de Suse de 1968 à 1979, amené à prendre des mesures de sauvegarde des vestiges de la période achéménide (VIe-IVe siècle avant JC), il a repris l’exploration des ruines du palais de Darius avec la participation d’archéologues et techniciens du Centre iranien de recherche archéologique et du musée national de Téhéran.

Mercredi 15 décembre 2010 à 19h30
Renseignements et réservation : Courrier électronique

Participation aux frais : 8€ — étudiants et membres : 5€

Centre Zoroastrien de Paris
2bis, av. de Montespan 75116 Paris
(Niveau du 177 de l’av. Victor Hugo)
M° : Victor Hugo, Rue de la Pompe

Suse : Une résidence royale sur la route de Persépolis à Babylone

Jean Perrot présente ainsi son ouvrage Le Palais de Darius à Suse :

Ce livre a pour but d’éclairer une page de l’histoire de l’Empire perse au sommet de sa grandeur, il y a 2500 ans, et l’image d’un homme d’exception, le Grand roi Darius Ier (522-486), roi des rois, roi des Perses, pharaon d’Égypte. Le palais qu’il a fait construire à Suse aux confins de la Perse et de la Babylonie, au centre géographique d’un empire qui s’étendait de la vallée du Nil à celle de l’Indus, est un témoin unique de l’architecture orientale à la fin du VIe siècle avant l’ère commune. Ce palais, reconnu il y a 150 ans par l’archéologue britannique W.K. Loftus, puis par l’archéologie française, s’est trouvé révélé dans ses dimensions et sa complexité par dix années de recherches sur le terrain, de 1969 à 1979. Son souvenir, gardé par la Bible aux livres d’Esther, d’Esdras et de Néhémie, avait aussi trouvé un écho dans des pièces du théâtre grec et français ainsi que dans la littérature de l’Antiquité ; souvenir ravivé en 1888 par l’arrivée dans les salles du musée du Louvre d’un gigantesque chapiteau à têtes de taureau et de frises de briques émaillées alignant des “archers” richement vêtus, tenant la lance, ou d’inquiétantes figures de lions et de monstres ailés.

Mettant en œuvre de surprenantes techniques, le palais de Darius s’est élevé sur les ruines déjà millénaires de la vieille capitale élamite ; il marque une étape sur la route du Fars vers la Babylonie et, au-delà, vers l’Asie antérieure et le monde égéen. Sa construction a rapproché deux cultures, deux traditions architecturales ; celle de la plaine mésopotamienne qui ne dispose que de terre et d’eau, de la brique crue et des roseaux, et celle du haut plateau iranien dont les matériaux sont aussi la pierre et le bois.

La convergence des deux manières de bâtir a débouché, dans un esprit de connivence, vers des solutions élégantes, comparables dans le domaine de l’architecture à celles que connaissent, dans le même temps, les arts plastiques. En témoigne, dans cet autre domaine, la statue colossale de Darius, dressée en Égypte au bord d’un canal reliant le Nil à la mer Rouge et à la Perse, avant qu’elle ne soit apportée à Suse par Xerxès. L’ornementation du palais introduit une iconographie nouvelle, une imagerie humaniste qui met fin au règne des monstres de l’ancienne mythologie et révèle un aspect de l’idéologie de Darius, chef de guerre charismatique, mais aussi homme de religion, administrateur et législateur à l’échelle du monde alors connu.

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