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Association Farhang é Iran, Paris, France

Les Rois Mages et la Galette des Rois

dimanche 15 janvier 2006, par N. MIRSHAHI, Shahrokh MIRSHAHI

Un commentaire sur la tradition de la Galette des Rois.

La Galette des Rois (کلوچۀ شاهان) est un gâteau vendu dans toutes les pâtisseries de France au mois de décembre, dans les derniers jours de l’année, aux alentours de Noël. Une couronne dorée en carton lui est toujours adjointe. Les catholiques la consomment le six janvier, célébrant ainsi la naissance du Christ. Grâce à cette galette de tradition ancienne, les Français commémorent aussi les trois envoyés du Grand Roi qui partirent de l’Orient à la rencontre du Messie et de sa Mère, Marie (Mariam), d’où l’appellation de la Galette des Rois. Nous, les Iraniens de France qui partageons cette galette depuis si longtemps, devrions savoir que ces Rois Mages étaient de confession Zoroastrienne et les représentants de l’Empereur d’Iran, le Christ étant né à l’époque du roi Farhad V (Achk XVI), de la dynastie Parthe (Achkanian).

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Les mages apportent leurs présentes au Christ nouveau-né.
Mosaïque byzantine de San Appolinare Nuovo è Ravenne, donnant une description fidèle des vêtements Parthes. Les mages étaient célèbres en Occident depuis l’époque de Platon, moins comme prêtes du feu que comme sages.
(Veronica Ions, Le grand livre des mythologies, Borda, 1981)

Divers voyageurs nous ont laissé des témoignages en relation avec les Rois Mages. Nous en rapportons ici quelques-uns parmis d’autres. Dans son encyclopédie géographique au nom de Maajam ol baldan, Hamawi écrit : « Chiz, une ville située en Azerbaïdjan, est le lieu de naissance de Zarathoustra. » Un autre voyageur Arabe nous raconte : « Chiz est une ville située entre les deux villes de Maragheh et Zanjan. La ville de Chiz possède une enceinte et à son centre il y a un lac. A cet endroit se situe selon la croyance des Zoroastriens, le plus grand temple du Feu, lequel un jour a donné son feu à tous les autres temples Zoroastriens du monde, de l’Orient à l’Occident. La coupole de ce temple est surmontée d’un croissant de lune. L’une des caractéristiques de ce temple est son feu éternel qui brûle depuis des siècles sans jamais laisser de trace de cendre ! » Mais le renommé de la ville de Chiz ne s’arrête pas uniquement à son temple du feu, ni à ce qu’elle est le lieu de naissance de Zarathoustra.Ce qui le distingue des autres temples est son rapport avec la légende des Rois Mages.

Lorsque le Grand Roi apprit la naissance à Bethléem du bienheureux enfant, il décida sur le champ de lui faire porter des huiles parfumées et d’autres offrandes. Il désigna donc trois de ses vassaux les plus représentatifs et les dépêcha à Jérusalem pour rencontrer le nouveau né, apporter les offrandes à sa mère et lui apprendre que la dignité et la suprématie de son enfant dirigerait le monde vers la force du bien. Les envoyés du Grand Roi trouvèrent Marie et lui présentèrent les offrandes.

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La ville de Chiz
Takhte Sulaiman, Sanctuaire du Feu.
(Dossier Archéologie, 227, Oct. 1997)

Dans les évangiles selon Mathieu, chapitre deux verset douze, on apprend que Jésus est né à Bethléem au temps du règne d’Hérode. A cette époque, trois Moghs (ou Mages), vinrent de l’Orient à Jérusalem et demandèrent : « Où se trouve le Roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus le rencontrer. » Ils avaient suivi l’étoile et avaient finalement trouvé Marie et son fils. Ils leur présentèrent les offrandes du Grand Roi, puis rentrèrent dans leur pays !

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Dans le chapitre sur la « grand province de Perse », Marco Polo précise que c’est dans la ville de Saba (Saveh en Iran, au sud-ouest de Téhéran) que les trois mages partirent pour aller à Bethléem adorer le Christ nouveau né. C’est en cette même cité de Saba que se trouve, dit-on leurs sépultures. Balthazar, Gaspard et Melchior, puisque tels sont les nome que leur donne la légende, chevauchent de compagnie. Ils ont pour tout bagage que les présents qu’ils portent dans des vases précieux ressemblant à des ciboires. Le plus âgé désigne l’étoile qui va les guider jusqu’à la Crèche. La forme incurvée de la route, soulignée par le talus qui la borde, et sa perspective qui s’étrangle entre les montagnes suggèrent, dans un espace restreint, le mouvement et la longueur du voyage que les trois rois entreprennent.
(Marco Polo, le livre des merveilles, Paris Bibliothèque National de France, Manuscrit français 2810, folio 11v, Ed. M.T Gousset)

Marco Polo qui traversa l’Iran au temps du règne du Kublai Khan, petit fils de Gengis Khan, écrit : « L’Iran était un grand et honorable pays avant qu’il ne tombe entre les mains des Tatars et soit ruiné. En Iran il y a une ville nommée Saba (Saveh), c’est d’ici que les trois mages sont partis à Jérusalem, voir le Messie. Leurs tombes se trouvent dans les hauteurs de cette jolie ville et l’on rapporte que les cheveux et les barbes de ces derniers ont résistés aux années. »

Les noms de ces trois Mages étaient Balthasar, Gaspar, Melchior. Marco Polo tenta de retrouver leurs tombes. Sans avoir l’aide de la population et après trois jours de marche, il arriva enfin à une citadelle qu’on appelait la « forteresse des Adorateurs du Feu ». Ses habitants prétendaient que les trois Mages, envoyés du Grand Roi à Jérusalem, étaient partis de cette même forteresse. L’un d’eux serait le Roi de Sabah (Saveh), le deuxième celui de Diaveh et le dernier celui d’une ville (Chiz) dont la population a préservé jusqu’à aujourd’hui sa religion Zoroastrienne.

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Une légende, qui circule en Perse, raconte qu’en échange de l’or, de la myrrhe et de l’encens qu’ils lui offrirent, l’Enfant-Dieu remit aux mages une cassette close en leur recommandant de ne pas l’ouvrir. Sur le chemin de retour, au bout de quelques jours de voyage, la curiosité l’emporta sur l’obéissance et ils ouvrirent le coffret. A leur grande surprise, ils n’y trouvèrent qu’une pierre. Dépités et convaincus que l’Enfant s’était moqué d’eux, ils jetèrent la pierre dans un puits très profond. Quel ne fut pas leur ébahissement de voir jaillir aussitôt un feu miraculeux, dont ils recueillirent une partie et la déposèrent dans un sanitaire à « Cala Ataperistan », lieu fabuleux dont le nom signifie « le château des adorateurs du feu ». Un sanctuaire s’ouvre su un jardin intérieur dans lequel les trois Rois mages sont agenouillés, en prière devant un autel. Sur cet autel brûle le feu légendaire.
(Marco Polo, le livre des merveilles, Paris Bibliothèque National de France, Manuscrit français 2810, folio 12, Ed. M.T Gousset)

Dans son récit de voyage en Iran, un autre voyageur italien au nom d’Oderic de Pordenon nous parle également des trois Mages.

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Ruines de l’ancien pont de Saveh.
(Miras Farhangi, Iran)

Qu’ils soient de l’Orient ou de l’Occident, ces voyageurs ont tous entendu des récits populaires qu’ils ont relatés plus ou moins fidèlement. Il paraît qu’après avoir reçu les offrandes des émissaires du Grand Roi, Marie leurs offrit elle aussi un sac, ou une boîte, fermée. De par son aspect, les Mages pensèrent qu’il s’agissait d’un cadeau sans grande valeur. Sur le chemin du retour, ils l’ouvrirent et selon différents récits, y trouvèrent du sable ou selon Marco Polo, du Cumin ! Ainsi, estimant ce cadeau trop modeste pour être ramené au Grand Roi, ils vidèrent le contenu du sac dans un puits asséché. Soudain, une énorme flamme y surgit. Les Mages stupéfaits et en même temps émerveillés par cette vision, décidèrent de ramener ce feu en Iran et de le préserver dans cette forteresse près de Saveh (ou Chiz).

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Mart Maryam
L’église de Sainte Marie à Orumieh en Iran. Il est bâti sur le mosolé d’un des rois mages. D’après la légende, la fondation de cette église remonte à l’époque du Christ.

Ces récits nous démontrent que les profils des trois mages avec leurs couronnes décorées d’étoiles filantes figurant sur nos galettes d’aujourd’hui sont ceux-même d’anciens Rois Iraniens qui furent les premiers à reconnaître le Messie et ainsi forcèrent à tout jamais le respect de toutes les communautés chrétiennes du monde.

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