Accueil du site > History & Chronology > Persans et Américains

Documents

Persans et Américains

Un iranien aux Etats-Unis en 1910

vendredi 8 décembre 2006, par Homa NATEGH

L’article qui vous est ci-dessous présenté est de la plume d’un certain Louis Bouvat, paru dans la Revue du Monde Musulman, 4ème année, Tome 11, 1910, pp. 115-6. Il constitue une pièce importante dans la compréhension des relations de l’Iran avec les Etats-Unis en ce début du vingtième siècle.

On connaît les rapports de la Perse avec les Etats-Unis. Les relations politiques et commerciales datent de loin déjà ; des missions protestantes américaines se sont établies, depuis une trentaine d’années, peut-être plus, en Azerbaïdjan et dans d’autres provinces persanes. Plusieurs savants et voyageurs américains ont consacré à la Perse d’estimables publications ; la Revue a rendu compte de quelques-unes d’entre elles, et nous ne pouvons passer sous silence la remarquable série d’études publiées par la Columbia University, sous le titre de Indo-Iranian Studies, et que dirige le professeur Williams Jackson. Les doctrines béhaïstes, enfin, ont trouve en Amérique plusieurs adeptes.

Mais, du moins à notre connaissance, il ne s’était encore fondé, en Amérique, aucun groupement ayant pour but de rapprocher les deux nations. Ce groupement existe maintenant, et le Habl oul-Matin du 11 avril nous fait connaître son organisation.

C’est un voyageur persan, Mirza Ahmed Sohrâb, qui apprend ainsi à ses compatriotes l’existence de ce nouvel Andjouman, Andjouman-é Terbiyèti i Irân au Amerik, “Club d’éducation persane et américaine”. L’année dernière, du 1er août au 25 octobre, Mirza Ahmed Sohrâb a parcouru la plus grande partie de l’Amérique du Nord — Canada et surtout Etats-Unis — séjournant dans toutes les villes importantes, voyant tour à tour Pietersburg, Chicago, Cleveland, Buffalo, New-York, Baltimore, etc. Il admira beaucoup les manifestations si variées de l’activité américaine, visitant avec un intérêt égal établissements d’instruction et manufactures, tout en formulant le désir que la Perse entrât dans la même voie.

Pendant son séjour à Chicago, il fit la rencontre de Mr. Sidney Sprig, qui avait enseigné pendant deux ans à Téhéran, à l’École Terbiyét, et, pendant les vacances, était venu là tant pour affaires personnelles que pour étudier le fonctionnement des écoles. Ils eurent ensemble de nombreuses conversations sur la Perse et les moyens d’opérer son relèvement. Tous les deux furent d’avis de fonder une association qui prêterait son appui moral et matériel aux établissements de toute nature ayant pour but de répandre l’instruction en Perse. En Amérique, la Perse compte de nombreux amis.

Ce fut à Washington que l’on fonda le Club d’éducation persane et américaine. L’assemblée constitutive se tint le soir du 30 octobre ; 4 personnes y assistaient, hommes et femmes, Mr. Fred, J. Edward, architecte du Gouvernement, présidait, avec Miss Louise Schumann comme secrétaire. Un comité d’organisation fut nommé séance tenante. Le projet de statuts, copié à la machine à écrire, fut adressé à quatorze personnalités en vue des États-Unis, hommes politiques, philosophes, juristes, recteurs d’Universités, auxquelles on demanda leur avis, afin d’avoir des règlements aussi parfaits que possible.

Mais il manquait le nerf de la guerre. Faute d’une somme relativement minime — 110 dollars — on ne pouvait faire imprimer les statuts, et se livrer à la publicité nécessaire. Apprenant cela, une riche Américaine dont nos lecteurs connaissent les travaux relatifs au Béhaïsme, Mrs. Albert Clifford Barney, qui a, en dehors de ses publications, obtenu une notoriété comme artiste et comme philanthrope, fournissait aussitôt l’argent nécessaire.

Les adhésions vinrent rapidement. A la séance d’ouverture, le 8 janvier, on comptait 300 membres présents, appartenant aux professions les plus diverses, et parmi lesquels beaucoup de dames. Des personnalités du monde politique, de la presse, de l’enseignement, du commerce, de l’industrie, avaient tenu à cœur de donner leur adhésion. Le président nommé fut Mr. William Horn, l’un des principaux négociants de New-York, et l’on remarque parmi les membres fondateurs le ministre des Etats-Unis en Perse, ainsi que sa fille. Les encouragements sont venus de toutes parts, notamment des journaux, et l’œuvre paraît maintenant en excellente voie.

L.B.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Tree | Suivre la vie du site RSS 2.0