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L’origine du nom de la pièce “Fou” dans le jeu des échecs

Une remarque

mercredi 30 juillet 2003, par Babak KHANDANI

En occident, le symbole de deux des pièces du jeu d’échecs ont été transformé par rapport aux pièces orientales. Ces deux pièces sont la Reine et le Fou qui sont les équivalents du Vizir et de l’Eléphant.

Que le Vizir soit remplacé par la Reine peut toujours se concevoir, mais que l’Eléphant soit devenu le Fou est chose curieuse. En effet, le jeu d’échecs est un wargame avant l’heure qui met en scène une bataille militaire. Dans ce contexte, l’Eléphant joue, au même titre que le cavalier, son rôle martial. Certes, les armées des pays occidentaux ne possédaient pas d’éléphants, et on peut donc concevoir que les joueurs d’échecs européens ont voulu remplacer cette pièce par quelque chose de plus familière. Mais pourquoi avoir choisi un personnage de la cour et non un guerrier (comme par exemple un archer) ? Le Grand Larousse ne nous aide pas plus, puisqu’il donne la définition suivante :

FOU n.m. ( a remplacé l’anc. fr. aufin de l’ar. al-fil, l’éléphant, p-ê sous l’infl. de fou, au sens de « bouffon » ) 1. Pièce de jeu d’échecs […]

Il faut avouer que l’étymologie donnée est, pour le moins qu’on puisse dire, tirée par les cheveux !

Je pense avoir trouvé l’étymologie de ce mot qui m’est venu lors d’une discussion avec mon ami le Professeur Alain Molé. Lors d’une discussion à bâton rompu, ce dernier m’expliquait que de la même manière que dans un grand nombre de mots Persans les “P” ou les “ZH” ont été remplacés sous l’influence de l’Arabe par des “B” et des “Z”, le phénomène inverse s’est également opéré, à savoir la transformation à tort des “B” et des “Z” en “P” et “ZH”. Par exemple, dans le persan moderne nous disons pezeshk (“médecin”) ou “dezh” (“fortifications”), alors que les termes correctes sont bezeshk et dez. En effet, à force de voir une influence de l’Arabe dans les mots contenants les lettres “B” et “Z”, quelques copistes zélés ont rectifié malencontreusement certains termes qui étaient pourtant écrits de façon exacte.

L’exemple de dez que Pr. Molé avait avancé m’a alors tout de suite fait pensé au nom de la ville de Dezful que je lui ai soumis. Il m’a alors répliqué qu’effectivement Dezful signifie “le grand fort”, car éléphant (fil) se disait ful (ou foul en l’écrivant avec une transcription française) en vieux persan… Aussi rapidement qu’un éclair, je me suis souvenu du problème de la pièce du jeu d’échecs et j’ai compris sa raison de transformation.

Le mot “fou” se dit “fol” en vieux français et se prononçait peut-être “foul” dans beaucoup des régions (comme fool en anglais). Le malheureux éléphant s’est donc métamorphosé en bouffon par une simple mégarde linguistique.

A mes yeux, les conséquences de cette affaire sont importantes, car cela prouverait que les premiers joueurs d’échecs utilisaient un terme du vieux persan et non l’al-fil que suggère le Larousse. Il faudra donc conclure que les occidentaux et en particulier les Francs ont appris ce jeu directement par des Iraniens et non par l’intermédiaire des Arabes. La question est de savoir si ceci s’est produit après l’invasion de l’Islam, comme l’affirme l’histoire officielle, ou avant celle-ci ?

7 Messages de forum

  • thanks a lot Babak ! I was looking for the connextion between "a bishop" & "un fou" ............. your explanation is for me both amazing & very interesting
    have a nice day

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  • l’origine du nom de la piéce le Fou , pour intéressante que cela soit , reste une enigme, mais le nom n’est pas trop important , il pourrait prendre un nom quelconque sans modifier son rôle dans le jeu d’échecs.

    Ce rôle du FOU attribué vers la fin du moyen-age par déductions d’historiens sur des textes manuscrits me paraît d’une importance historique , mais ne résout pas votre sujet.
    Je me suis attaché à essayer de comprendre la pièce elle même ,
    en acceptant le nom qui est le sien actuellement.

    Toute symbolique ,écartée, l’essence même de la pièce étant la plus importante.

    Cette recherche ne semble pas avoir été envisagée.

    les informations sur le jeu d’échecs en générales et le FOU en particulier , sont issues
    à partir d’une collection de données difficilement vérifiables.
    Et sur des intérprétations qui ne paraissent pas en concordances
    avec le jeu d’échecs que nous connaissons .

    Voir en ligne : evidence , les échecs avant l’an 600

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    • Ce nom attribué au Fou , reste une enigme , mais il est possible
      de comprendre que c’est une constante du jeu d’échecs qu’il devient dificille d’ignorer , et plus , depuis peu à un chiffre mathématique de base qui doit correspondre à une suite de nombre
      en relation avec d’autres éléments du jeu d’échecs dont l’échiquier
      qui met en évidence ce jeu à partir de croyances mythologiques indiennes de l’époque védiques , avec un cycle lunaire
      G.Z

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  • Je viens de lire un ouvrage passionnant de Michel Pastoureau "une histoire symbolique du Moyen-âge". Selon l’auteur, comme l’islam interdit de représenter des animaux, la pièce qui figurait l’éléphant possédait deux protubérances correspondant à des défenses stylisées et en occident, elles ont été vues comme soit la mître d’un évêque (d’où le bishop anglais) soit le bonnet d’un fou...

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    • D’après ce que j’ai lu, la pièce du fou à l’origine, représentait le dieu indien éléphant Ganesha fils de Shiva et Parvati.
      Selon la version du Shiva-Purâna, qui est la plus connue, l’épouse de Shiva, la Montagnarde (Pârvatî ), fut un jour dérangée par son seigneur qui entra dans la maison alors qu’elle prenait un bain.
      Agacée de n’avoir point de serviteur personnel pour garder sa porte, elle se frotta le corps et, des onguents parfumés qu’elle en obtint, elle modela l’image d’un enfant beau comme le jour, lui donna la vie, l’appela Ganesh, et lui ordonna de monter la garde devant sa demeure.

      Lorsque l’enfant prétendit empêcher Shiva d’entrer dans les lieux, ce dernier, furieux, se métamorphosa en sa forme de Rudra et lança les Gana nains courtauds, serviteurs de Shiva avant d’être ceux de Ganesh contre Ganesh. Dans la bagarre, la tête de Ganesh fut tranchée.
      A la vue du malheur qui atteignait son "fils", Pârvatî fut inconsolable. Ne retrouvant pas la tête de l’enfant, Shiva greffa une tête d’éléphant sur son corps. Pour réparer sa faute, Shiva reconnut Ganesh comme son fils et le nomma chef de tous ses serviteurs, ainsi devint-il "Ganapati".

      C’est pourquoi les arabes l’auraient remplacée.

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